Beaujolais Nouveaux : raisins, cuve et précision

Les vendanges 2015 ont été précoces dans le Beaujolais. Chez Denis Chilliet, elles ont commencé 15 jours plus tôt que l’an passé. Entre la récolte et les vinifications, nous faisons le point avec le vigneron sur un mois de septembre particulièrement intense, au Château de Buffavent.

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Il a fait très beau, très chaud. Résultat, aujourd'hui nous avons de supers vins très plaisants

Vendanges 2015 : « un super bilan »

Sur l’exploitation de Denis Chilliet, tout s’est accéléré à partir du 24 août. Depuis, cela n’a pas arrêté. Pendant 9 jours, 30 vendangeurs ont été à pied d’oeuvre pour récolter le gamay à la main. « Nous avons eu de super vendanges précoces. Il a fait très beau, très chaud. Résultat, aujourd’hui nous avons de supers vins très plaisants ». Le vigneron leur trouve d’ailleurs des « notes de garrigues », un peu plus épicées que d’ordinaire. Cela tient au soleil abondant et aux petits rendements : « nous avons eu de petites grappes, des petits grains et des raisins très mûrs. C’est ma 31e récolte et je n’ai jamais fait de vendanges comme celle-ci. Même 2003 et 2009, c’était autre chose », précise-t-il.

 

Beaujolais Nouveaux : la vinification de haute précision

Sitôt les raisins récoltés, la vinification a débuté. Une première fermentation s’est déroulée sur quelques jours. Les raisins ont ensuite été passés au pressoir. Le jus de presse, très aromatique, a été mélangé au premier jus de la cuve. S’en sont suivies alors deux nouvelles semaines de fermentation. Dans le Beaujolais, les vignerons ont un savoir-faire qui leur est propre. La grappe entière, non-éraflée est mise avec précaution dans la cuve. « La vinification des Beaujolais Nouveaux est la plus pointue », explique Denis Chilliet. Produire un vin qui ait à la fois cette belle couleur rouge rubis, ce fruité et cette douceur en bouche nécessite une présence constante. « Il faut être prudent parce qu’une journée de cuvaison en trop peut nous amener une certaine dureté dans le vin. Cela s’estomperait dans le temps avec l’élevage, mais avec les Beaujolais Nouveaux, on veut avoir du velours tout de suite », souligne le vigneron.

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L’heure du choix des vins primeurs

Pour produire des vins plaisants, fruités et accessibles, Denis Chilliet déguste donc régulièrement le vin en devenir, tout au long de la vinification. C’est aussi le cas au moment de déterminer si un vin sera primeur ou pas. Dès la récolte, les vignerons ont sélectionné les meilleures vignes pour faire des Beaujolais Nouveaux. Au cours de la vinification, ce choix a été affiné. Enfin, la décision définitive sera prise avant l’embouteillage. Chez Denis Chilliet, c’est l’occasion de réunir les voisins vignerons et quelques amis amateurs éclairés : « C’est un des beaux moments de la fin des vinifications. C’est une dégustation que l’on ne fait pas seul, on a besoin de plusieurs avis pour juger sereinement. On goûte toutes les cuvées et on décide ». Chez Denis Chilliet, la mise en bouteille se déroulera autour de la mi-octobre. D’ici là, il aura retenu ses vins les plus explosifs au nez et les plus soyeux en bouche, pour porter l’étiquette des Beaujolais Nouveaux 2015.

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