Quand les cafetiers ont inventé : « Le Beaujolais Nouveau est arrivé »

Bernard Jacquet est viticulteur à Montmelas, au Domaine Saint-Sorlin. En attendant la sortie des Beaujolais Nouveaux 2017, il nous ouvre l’album de famille des vins primeurs du Beaujolais.

Le Beaujolais Nouveau est arrivé
Nos pères ont fait en sort que ce vin soit connu et demandé dans le monde entier.

Beaujolais Nouveau, un slogan qui date (au moins) de 1947

C’est en novembre 1951 qu’une note administrative a autorisé certaines Appellations d’Origine Contrôlée à commercialiser des vins avant la date du 15 décembre. C’est le cas du Beaujolais, où les restaurateurs et épiciers lyonnais avaient déjà l’habitude d’aller chercher des vins juste après la récolte. Bernard Jacquet est né en 1947, il est trop jeune pour se souvenir de la fameuse autorisation, mais la génération précédente lui en avait beaucoup parlé.

Si le Beaujolais primeur est bien une tradition du Beaujolais, le slogan qui accompagne sa sortie trouve son origine à Paris. Bernard Jacquet se souvient d’une anecdote, rapportée par son beau-père.

« En 1947, il avait vu un cafetier parisien écrire sur sa vitrine ‘Le Beaujolais nouveau est arrivé. Il s’agissait alors du Beaujolais, qui était libéré le 15 décembre. Le cafetier a été inspiré, cette phrase a été reprise par la suite ».

Des Beaujolais primeurs en appellation Beaujolais-Villages

Bernard Jacquet est devenu viticulteur en 1971, dans l’appellation Beaujolais-Villages. Petit à petit, face à l’intérêt suscité par les primeurs, il s’est mis à en vinifier sur l’exploitation, en parallèle de ses autres productions.

« Au départ, les primeurs sortaient essentiellement de la région de Saint-Etienne-des-Oullières, sur des terrains sablonneux. Le gamay est un cépage précoce et ces terrains l’étaient aussi. Cela permettait d’avoir des vins très tôt, qui pouvaient se boire rapidement. Nos pères ont fait en sort que ce vin soit connu et demandé dans le monde entier ».

Pour apprendre son métier, Bernard Jacquet a fréquenté le lycée agricole. C’est là qu’il a appris la subtilité de la vinification des Beaujolais Nouveaux. Il a découvert comment choisir ses parcelles et faire une vinification adaptée.

« On est toujours sur le fil du rasoir. Il ne faut pas de vinification longue, pour laisser des vins friands et fruités. Mais il faut qu’elle soit assez longue pour avoir de la couleur. La macération doit avoir la bonne durée pour que le vin garde son caractère primeur ».

Aujourd’hui, le Domaine Saint-Sorlin continue de faire des vins primeurs, à côté des vins de garde. Bernard Jacquet constate cependant que le public ne connaît pas toujours les différences entre les Beaujolais et les Beaujolais Nouveaux. Les primeurs sont des vins d’automne, tandis que les Beaujolais sont des vins de printemps. Si tous ces vins sont élaborés avec le cépage gamay, les parcelles sont différentes, ainsi que la durée de vinification et d’élevage.

« Avec les vins primeurs on a l’impression de manger du raisin. Tandis qu’avec les vins de garde, l’hiver passé dans les tonneaux fait évoluer les arômes et ressortir le terroir. »

Pour découvrir les Beaujolais Nouveaux 2017, retenez la date du 16 novembre 2017. Tandis que pour déguster le millésime 2017 des Beaujolais, Beaujolais-Villages et des crus, il faudra au moins patienter jusqu’au printemps prochain.

D’ici là, vous pourrez déguster quelques bouteilles de Beaujolais Nouveaux. À Noël en famille ou aux beaux jours autour d’une grillade, l’accord est parfait !

  • Partager

  • Facebook