Un « Papa » du Beaujolais pour l’américaine Sierra Reed

Sierra Reed a beau n’avoir que 31 ans, elle a déjà plusieurs vies derrière elle. Après une expérience d’animatrice télé, la jeune américaine est aujourd’hui réputée pour la qualité de ses vins. Installée en Australie, Sierra Reed a passé les vendanges 2017 dans le Beaujolais, chez son deuxième papa, le vigneron Pierre-Marie Chermette

Je n’aime pas travailler avec les reines et les rois.

Apprendre le vin par le compagnonnage

 

Dans une vie antérieure, Sierra Reed était animatrice télé en Nouvelle-Zélande. Alors qu’elle faisait une interview de vignerons, la jeune Américaine a une révélation : c’est au vin qu’elle veut se consacrer. Jeune femme passionnée, Sierra Reed ne fait pas les choses à moitié. Plutôt que suivre une formation, elle se choisit des mentors et part apprendre à leurs côtés. Elle participe ainsi aux vendanges et aux vinifications, sur cinq continents. De quoi l’aider à se forger des convictions. En France, Sierra Reed tape en 2013 à la porte de Pierre-Marie Chermette dans le Beaujolais. Une rencontre qui l’a durablement marquée.

 

« Pierre a eu une profonde influence sur ma façon de faire mon propre vin. C’est le vigneron le plus ouvert avec qui j’ai eu la chance de travailler. C’est pour cela qu’il est si bon dans son travail. Il a fait preuve d’une très grande générosité, pour partager son savoir et pour m’aider à le comprendre ».

 

Depuis, Sierra surnomme Pierre-Marie Chermette « Papa ». Plus qu’un ami, elle le considère comme un membre de sa famille. Le vigneron est même devenu le parrain de sa petite fille, née il y a 1 an et demi.

 

Vendanges 2017 avec du Gamay

 

Pour les vendanges 2017, Sierra Reed a pris la direction du Beaujolais. Passionnée par le cépage Gamay, la jeune femme est venue vinifier du Fleurie. En attentant que ses raisins soient mûrs, elle a donné un coup de main dans les vignes et dans le chai. En Australie, les cépages rois sont le pinot noir et le chardonnay, comme dans la Bourgogne voisine. Sierra aurait pu aller travailler dans cette région viticole si réputée, mais c’est bien dans le Beaujolais qu’elle voulait continuer à apprendre son métier.

 

« Je n’aime pas travailler avec les reines et les rois. Je suis plus attirée par les outsiders. Le Beaujolais produit des vins exceptionnels, qui valent les plus grands crus. Ici, on doit encore plus se battre. Ce que je recherche, car je ne veux de prestige dans le vin, je veux de la passion ».

 

Des Beaujolais Nouveaux vieilles vignes

 

Avant de venir dans le Beaujolais, Sierra Reed ne s’était pas vraiment intéressée aux Beaujolais Nouveaux. C’est en accompagnant Pierre-Marie à Paris, le 3e jeudi de novembre en 2013 et 2014, qu’elle a compris cette tradition.

 

« J’ai participé à l’arrivée du Beaujolais Nouveau et j’ai pu me rendre compte de ce que ça a d’unique. On est allés dans des bars à vins incroyables et j’ai vu ce que cela pouvait représenter en France ».

 

Mais ce qui l’a le plus fascinée, c’est la minutie avec laquelle Pierre-Marie Chermette élabore tous ses vins, dont son Beaujolais Nouveau. Chaque année, il fait venir des amis, pour que chacun apporte son avis pour faire le meilleur assemblage. Sierra se souvient notamment de la visite d’un ami dégustateur, venu sentir les cuves et faire des assemblages avec son propre verre.

 

« Au début, je me suis dit qu’il en rajoutait, mais après quatre heures, il est venu dîner avec nous et a aidé à assembler le Beaujolais Nouveau Vieilles Vignes. C’est là que j’ai compris, il avait besoin d’être très précis. »

 

Après quatre ans d’amitié, et alors que le millésime 2017 est en cours d’élaboration, quel est le plus grand enseignement que Sierra Reed a reçu de Pierre-Marie Chermette ? Spontanément, la jeune femme répond :

 

« Que le vin doit être délicieux et apporter du bonheur aux gens. Le vin peut être très complexe, mais de façon discrète. Les vins de Pierre-Marie sont très complexes, il faut juste les écouter. Mais si vous n’avez pas envie, ce n’est pas grave, vous pouvez toujours les boire. Ils font plaisir à tout le monde ».

 

Et pour découvrir avec plaisir le millésime 2017 de Pierre-Marie Chermette et de tous les vignerons du Beaujolais, rendez-vous le 3e jeudi de novembre !

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